Call Me by Your Name est un film dramatico-romantique franco-italien de Luca Guadagnino (2017) adaptaté du roman d'André Aciman.  

Italie du nord, été 1983. Elio, un jeune homme de 17 ans, passe ses vacances dans la maison familiale. Il partage son temps à retranscrire de la musique, à rencontrer ses copains et à sortir avec sa petite amie. Arrive Oliver, un doctorant américain qui vient auprès de son père, un éminent archéologue, pour être aidé dans ses recherches. Sa personnalité, sa séduction naturelle ou surjouée (?), vont semer le trouble dans la tranquillité de ses vacances.


J’ai aimé l’engagement authentique et sans jugement de parents pour voir leur fils se construire comme un futur adulte épanoui...

La rencontre de fait – physique – des personnages, sur la scène de la vie courante, peut convoquer aussi à une rencontre de l’intime. De soi. Peut-être de l’autre. A mon goût celle-ci est trop mise en avant par le réalisateur de ce film, qui peut, à loisir, détourner le spectateur vers un voyeurisme à l’intérêt médiocre. Celui-ci a pris le parti, que je ne partage pas, de tronquer la dernière partie de l’œuvre originale d’André Aciman. Cela détourne, à mon sens, du véritable objet de ce film qui est : comment le cadre parental permet au jeune homme, par l’expérience de l’intime-à-soi, de commencer à découvrir, expérimenter, la rencontre du monde des adultes auquel il est destiné ? Une expérience psycho-dynamisante et subjectivante, par opposition à une expérience invalidante qui peut sidérer, figer le sujet, si elle est vécue sur le mode de l’effraction. Une expérience qui peut, probablement, le détourner du cours normal de la vie.  
La valeur ajoutée de ce film, qui apparaît en filigrane assez rapidement dès les premières scènes, mais que l’on ne saisit réellement que dans les derniers instants du film, est l’accompagnement des parents d’Elio. En effet, c’est la grande qualité de cette relation de parentalité bienveillante qui est donnée à voir : comment les parents d’Elio vont se saisir de cette rencontre fondatrice pour leur fils, annihilant tout jugement personnel, pour se montrer contenant et étayant des affects qui traversent leur fils ?
Ces moments de rencontres authentiques, parents-enfant, font la beauté de ce film.
De plus, si vous avez aimé vous plonger dans Un été au bord du lac d’Alberto Vigevani (1976), alors vous devriez apprécier de vous laisser inonder par les belles images de cette vie estivale dans la campagne milanaise.